Trikeri, Pelion Sud
VILLAGE · PELION SUD

Trikeri

L’île de la montagne

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VILLAGE · PELION SUD
Trikeri

L’île de la montagne

Trikeri, Pelion Sud
ALTITUDE282m
DEPUIS VOLOS74 km
HABITANTS1 022
PLAGE LA PLUS PROCHEAlogoporos · 5,1 km
STATION DE SKI84 km
SECTEURPelion Sud

Découvrir le village

Trikeri, l’un des 24 villages de la montagne des Centaures, est surnommé « le village des trois mers », car il est bordé par le golfe Pagasétique au nord, le golfe d’Eubée du Nord au sud et la mer Égée à l’est. C’est un grand village chargé d’histoire, bâti sur une colline avec une vue incroyable sur la mer. Bien qu’il ne soit pas sur une île, il a un caractère insulaire très marqué et une grande tradition maritime. Ici dominent les maisons blanches, les anciennes demeures et les kalderimia (chemins pavés de pierre), parfaits pour des promenades sans fin.

Son histoire est assez complexe : ne vous étonnez pas d’entendre parler d’un ancien et d’un nouveau Trikeri. Au début, il y avait l’îlot de Palio Trikeri (qu’Homère appelait Kikynethos), habité, dit-on, dès l’âge de pierre. La tradition raconte même que l’Argo de Jason s’y échoua pour que ses marins puissent la réparer avant de poursuivre leur long voyage vers la Colchide. Les habitants y vécurent jusqu’aux terribles séismes du 6e siècle apr. J.-C., puis s’installèrent sur les pentes du Theriakontas. Mais ils n’y trouvèrent pas la paix, car à la fin du Moyen Âge l’île souffrit beaucoup des pirates. C’est pourquoi elle fut abandonnée : ses habitants passèrent sur la terre ferme, juste en face, et bâtirent le nouveau Trikeri, plus sûr. En gravissant la colline, ils tenaient trois cierges allumés (« tria keria »). À l’endroit où les cierges s’éteignirent, sur la colline d’Agia Triada (la Sainte-Trinité), ils construisirent l’église et les maisons, et peu à peu le village se forma, accroché au mont Tisaio. Pendant la révolution de 1821, une section de la Filiki Etaireia (la société secrète qui prépara l’insurrection) y était active, et les habitants contribuèrent largement à la lutte pour la libération.

Les habitants de Trikeri étaient de grands pêcheurs, armateurs et marchands. Des demeures de capitaines subsistent aujourd’hui encore et donnent au village un prestige particulier. À voir absolument : le monastère de la Panagia Evangelistria, construit en 1835. Son histoire est passionnante : il fut bâti après la découverte, en 1825, d’une icône de la Vierge au pied d’un olivier sauvage, à la suite d’un rêve du moine Damianos Koslis. L’icône et un morceau de l’olivier sont toujours conservés dans le katholikon (l’église principale) du monastère, où les visiteurs peuvent les vénérer. Avant le monastère, sept églises existaient ici à l’époque de l’iconoclasme, mais elles furent détruites. Aujourd’hui, le monastère compte 100 cellules pour accueillir les pèlerins, et son site, entouré d’oliveraies et de cyprès, vous enchantera.

L’église d’Agia Triada, une basilique à trois nefs de 1739 dotée d’une superbe iconostase en bois sculpté, mérite aussi le détour. Elle abrite le trône de Napoléon, acheté à Barcelone en 1815 par des capitaines de Trikeri, et sur lequel Napoléon Bonaparte devait, dit-on, s’asseoir lors de sa visite dans la capitale catalane.

En explorant le village, vous découvrirez d’autres curiosités. Le Musée maritime, installé dans la majestueuse demeure Koutmanis, présente de remarquables collections nautiques et vaut vraiment la visite.

À Pâques, plusieurs fêtes sont organisées au village, une expérience unique pour tout visiteur. Si vous êtes là autour du 1er mai, vous pourrez assister au mariage traditionnel de Trikeri, avec danses et chants, et les femmes du village vêtues de leurs pittoresques costumes brodés d’or. Enfin, les 9 et 10 septembre a lieu une grande fête qui attire des centaines de pèlerins, pour célébrer la découverte de l’icône de la Vierge.

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