
Au-delà de ses coutumes et traditions, le Pelion a su préserver ses saveurs et ses parfums. Sa cuisine est à part : les bons plats y sont si nombreux que la montagne des Centaures mérite bien son surnom de « paradis gastronomique ».
Le choix de spécialités locales est immense : vous pourrez goûter aussi bien une fasolada (soupe de haricots) bien chaude ou un spetsofai relevé que des salades originales et saines comme les tsitsiravla, des mezzés de la mer, surtout dans les villages du bord de mer, ou encore des fruits et des douceurs du pays. Mais au-dessus de tout, il y a l’excellente huile d’olive des innombrables oliveraies de la région, dans laquelle on cuisine presque tout.
Plats traditionnels du Pelion
Dans les petites tavernes pittoresques des villages du Pelion, vous trouverez des plats traditionnels comme ceux-ci :
Fasolada. Ne quittez pas le Pelion sans avoir goûté une fasolada bien chaude, le plat d’hiver par excellence, servi dans presque toutes les tavernes traditionnelles. On la prépare avec des haricots secs, des légumes comme le poireau, la carotte, le céleri et l’oignon, de la tomate et de l’huile d’olive vierge. Ce qui la distingue des autres soupes de haricots, ce sont les piments que les habitants y ajoutent et qui lui donnent un goût relevé bien à elle. Parfois, on y ajoute aussi une saucisse coupée en rondelles, qui la rend encore plus savoureuse.
Spetsofai. Autre plat traditionnel du Pelion que vous trouverez presque partout. Il est assez simple à préparer, mais cache quelques petits secrets. On le fait avec des poivrons verts et de la saucisse locale du Pelion, son ingrédient principal, mijotés dans une sauce tomate. Certains ajoutent des piments rouges pour plus de piquant. Le secret : la saucisse est cuite quand elle ne rend plus de jus lorsqu’on la pique. Idéal par les froides journées d’hiver, car il redonne de l’énergie, c’est aussi un mezzé d’été parfait pour accompagner le tsipouro, l’eau-de-vie locale.
La saucisse a d’ailleurs ici sa propre histoire, en particulier à Stagiates, village réputé pour ses délicieuses saucisses traditionnelles. On y organise même une fête de la saucisse, où les visiteurs découvrent la façon ancestrale de la fabriquer.
Parmi les autres plats traditionnels du Pelion, préparés avec de bons produits de la montagne et cuisinés avec soin par les habitants :
- Le boubari, boyau farci d’abats, de viande hachée et de riz.
- Le kokoras krasatos, coq au vin.
- Le porc aux coings ou aux pruneaux.
- Les kolokythokorfades, fleurs de courgette farcies de riz et de viande hachée.
- Les riganokeftedes, beignets de pomme de terre à l’origan sauvage frais.
- Le kritama (criste-marine), une plante qui pousse sur les rochers au bord de la mer, tout le long de la côte du Pelion Est. Conservé au vinaigre, il relève les salades.
- Les fougères (fteres), parmi les plantes les plus courantes du Pelion, avec lesquelles les habitants préparent des boulettes et des salades.
- Les tsitsiravla, jeunes pousses du térébinthe (pistachier sauvage), cueillies au printemps. On les blanchit dans une casserole avec un peu d’eau, puis on les sert avec de l’huile, du vinaigre et de l’ail. Fraîches si vous venez au printemps, ou conservées en saumure toute l’année, elles sont le meilleur mezzé pour le tsipouro.
Mezzés de la mer
La cuisine de la mer de la région est elle aussi très réputée ; vous la goûterez dans les innombrables tavernes de poisson, surtout dans les villages côtiers. Choisissez le poisson qui vous plaît parmi un grand choix de poissons frais, goûtez coquillages et fruits de mer, et accompagnez le tout d’un petit flacon de tsipouro de 200 ml, la boisson emblématique du Pelion.
Le Pelion a aussi sa tradition de la « soirée des pêcheurs », organisée surtout dans les villages côtiers, où l’on offre du poisson frais en abondance à tous ceux qui passent.
Boissons locales
La cuisine du Pelion, ce ne sont pas seulement les plats traditionnels. Deux boissons réputées, produites par les habitants de la montagne, la complètent à merveille : le vin et le tsipouro.
Le vin. Il est fait à partir de raisins rouges locaux, foulés pour en extraire le moût. Le vin local accompagne presque chaque mezzé traditionnel dans les tavernes, et vous en trouverez aussi dans les petites boutiques des villages pour en rapporter chez vous.
Le tsipouro. Il est distillé à partir du marc de raisin, appelé ici « tsabouro », c’est-à-dire ce qui reste des raisins après le foulage et l’extraction du moût. On ajoute souvent de l’anis pendant la distillation pour l’arôme, et pour une meilleure qualité on procède souvent à une seconde distillation. Le tsipouro accompagne surtout les mezzés de la mer et se vend dans de nombreuses boutiques locales.
À Katichori se tient une fête du tsipouro, où les visiteurs voient de près comment le marc bout dans les alambics et comment on distille le tsipouro.
Les fruits
Le Pelion produit de grandes quantités de fruits savoureux : pommes, poires, cerises, châtaignes, raisins, oranges, pêches et bien d’autres. Beaucoup sont cultivés par les habitants eux-mêmes, avec grand soin et très peu de produits chimiques, et vous les trouverez sur les étals et dans les boutiques des villages.
Les firiki, qui font la réputation de la montagne, sont de petites pommes au parfum particulier et au goût sucré. Elles bénéficient d’une Appellation d’origine protégée (AOP) de l’Union européenne sous le nom « Mila Firikia Piliou » (pommes firiki du Pelion). La culture de la pomme est l’une des principales activités des habitants de Zagora, d’où la renommée du village pour ses pommes et ses firiki ; la marque « Zagorin » de la coopérative agricole locale est connue en Grèce comme à l’étranger.
Les châtaignes du Pelion sont elles aussi réputées pour leur qualité et leur grosseur. Le châtaignier demande moins de travail que d’autres cultures, c’est pourquoi de nombreux producteurs de la montagne s’y consacrent.
L’attachement des habitants du Pelion à leurs fruits se voit aussi dans les fêtes qu’ils leur consacrent. Les dates changent d’une année à l’autre, renseignez-vous au village avant de partir :
- La fête de la cerise à Agios Lavrentios, en juin.
- La fête de la poire à Milies, fin août.
- La fête de la pomme à Zagora, début septembre.
- La fête de la châtaigne à Xorychti, fin octobre.
Les coopératives agricoles de femmes
Dans de nombreux villages du Pelion, des femmes ont fondé au fil des ans des coopératives agricoles qui fabriquent et vendent des produits d’une qualité remarquable. Avec les vieilles recettes et les secrets de leurs grands-mères, elles préparent des produits traditionnels à partir de bons ingrédients de la montagne, sans conservateurs. Dans leurs boutiques et sur leurs étals, vous trouverez des glyka tou koutaliou (« douceurs à la cuillère », des fruits confits au sirop) et des confitures de fruits frais – cerise, figue, pomme, citron, orange amère et bien d’autres – cuits avec du sucre et de l’eau. C’est le dessert parfait après un bon repas.
À Anilio, la coopérative de femmes « Ta Aniliotika » propose des douceurs à la cuillère traditionnelles, des confitures et des liqueurs de fruits. À la coopérative de femmes de Portaria, en plus des douceurs à la cuillère et des confitures, vous trouverez des pâtes comme les chylopites et le trachanas, ainsi que diverses boissons. Enfin, la coopérative agrotouristique des femmes de Zagora vend des douceurs à la cuillère et des gâteaux au plat, des confitures, des liqueurs de fruits, de l’huile et du vinaigre aromatisés, et des tsitsiravla au vinaigre.
Le Pelion en 6 chapitres
Pour savoir ce que vous regardez : histoire, nature, architecture, cuisine, arts et coutumes.






