Découvrir le village
Si vous aimez le calme et rêvez de vacances insouciantes, Drakia est faite pour vous. Ce village de l'ouest du Pelion, à seulement 18 km de Volos, chef-lieu de la Magnésie, est un peu à l'écart – il est invisible depuis la mer –, mais entouré d'une nature sauvage et d'une végétation abondante qui font tout son charme (châtaigniers, noyers, platanes et arbres fruitiers en quantité). Il est voisin de nombreux autres villages du Pelion comme Alli Meria, Katichori, Agios Lavrentios et Lechonia, et reste encore assez peu touristique.
Sa fondation remonte probablement au milieu du XVe ou au début du XVIe siècle, comme le laissent penser les registres des monastères parvenus jusqu'à nous. Ses fondateurs étaient des artisans venus d'Épire, maçons pour la plupart, qui transmirent leur savoir-faire aux nouveaux arrivants : le village devint réputé pour ses excellents artisans. Son histoire compte de nombreux moments forts : il contribua beaucoup à l'organisation du soulèvement contre l'occupation ottomane, et souffrit terriblement pendant l'occupation allemande. Il a été déclaré « village martyr » de Grèce car, le 18 décembre 1943, les Allemands y exécutèrent 118 patriotes. En mémoire de ce drame, un cénotaphe portant les noms de toutes les victimes a été érigé dans le village.
L'origine du nom fait l'objet de plusieurs versions. Selon la tradition, un dragon (drakos) vivait au village, d'où son nom ; le premier conseil communal adopta d'ailleurs cette version en choisissant un dragon ailé pour le sceau de la commune. D'autres disent que le premier habitant s'appelait Drakos et qu'il a donné son nom au village. Une autre hypothèse le fait venir du mot drax-draka, « le creux de la main » – si vous vous demandez le rapport, le voici : le village est niché dans une cuvette et semble bâti au creux d'une main. Enfin, une quatrième version avance que, le village étant un lieu de passage entre les versants est et ouest du Pelion, on aurait adopté le mot tchèque draga, « passage ».
Drakia possède l'une des plus anciennes écoles du Pelion, qui remonte à l'occupation ottomane. Elle abrite l'une des plus belles bibliothèques de la région, avec d'anciennes éditions d'auteurs antiques, des manuels scolaires, etc., offerts par des érudits et bienfaiteurs du village comme Chatziapostolou et Apostolidis. Côté architecture, Drakia n'est pas en reste : maisons traditionnelles, maisons-tours, fontaines et pittoresques kalderimia (chemins empierrés). On y trouve aussi plusieurs vieilles demeures, comme la demeure Triantafyllou, à l'intérieur superbe, qui abrite le musée du village, le musée de Folklore du patrimoine rural et culturel de Drakia.
Les églises méritent aussi votre visite : l'église d'Agios Nikolaos, à l'entrée du village, celle d'Agios Athanasios, la petite église d'Agios Georgios avec ses fresques de Pagonis, et la chapelle d'Agios Spyridon. L'un des monuments les plus remarquables est la nouvelle église du Stavros (Sainte-Croix), dans le secteur d'Anemoutsa, avec sa magnifique iconostase en bois sculpté et peint.
Une promenade sur les deux places du village, parmi les plus anciennes du Pelion, s'impose. Les amateurs de marche apprécieront les sentiers pittoresques des alentours, et les amoureux de l'architecture traditionnelle du Pelion ne manqueront pas de photographier les vieilles demeures.













